Coup de gueule après le CSA du Territoire de Belfort
Bienvenue au CSA 90, épisode « créations et suppressions de postes dans les collèges ». Au programme : un DASEN soulagé que ce ne soit pas pire, une délégation UNSA composée à majorité de chefs d’établissement, des postes qui disparaissent du mouvement sans explication, et quelques arrangements bien sentis pour les happy few.
DE DROLES DE REPRESENTANTS DU PERSONNEL ENSEIGNANT…….
Il fallait les entendre les chefs d’établissement, présents en instance comme représentants du personnel — vous avez bien lu — qui nous ont solennellement assuré que les choix de suppressions de postes sont faits « en toute transparence », après un examen attentif et bienveillant de chaque situation humaine. Touchant.
Et la délégation UNSA dans tout ça ? 1 enseignant du 1er degré, 2 chefs d’établissement. Les collègues dont le poste est supprimé ou le service charcuté par un complément de service apprécieront d’être défendus avec toute la fougue qu’on peut attendre de leurs propres supérieurs hiérarchiques. Au vote sur les suppressions : Vote contre unanime des organisations syndicales sauf…l’UNSA qui s’est abstenue. Etonnant ? Un front syndical uni’ FSU (Snes et Snep), FO, SGEN-CFDT et UNSA) rejetant ces propositions de suppression aurait imposé une instance de repli et donc forcé l’administration à revoir sa copie.
Notons tout de même que sous la pression syndicale, nous avons obtenu le retrait d’une mesure de carte scolaire en lettres classiques au collège Rimbaud. La collègue concernée pourra donc continuer à exercer dans son établissement !
6 SUPPRESSIONS, 34 CSD, 180H DE BMP : ET LE DASEN EST SOULAGÉ !!!!
Mettons les chiffres sur la table, ceux que l’institution préfère noyer dans les discours : 6 suppressions de postes, 34 compléments de service, et quelque 180 heures de BMP dans notre seul département. Voilà le bilan réel de cette carte scolaire.
Et la réaction du DASEN face à ce tableau ? Il se satisfait du fait qu’il n’y ait pas eu davantage de suppressions, au vu de la démographie en chute et du nombre d’heures perdues. En clair : passé à quelques millimètres de l’échafaud, il trouve réconfort dans la hauteur de la lame.
La FSU comprend le raisonnement. Mais elle le rejette. Ce n’est pas parce que ça aurait pu être pire que c’est acceptable. Pour les 6 collègues dont le poste disparaît, pour les 34 qui se retrouvent ballottés en complément de service d’un établissement à l’autre, pour ceux dont le service est constitué d’heures de BMP éparpillées — la satisfaction du DASEN ne changera pas grand-chose à leur quotidien.
Voici ce que cette instance a révélé, et qui aurait mérité bien plus qu’un silence gêné : deux postes ne passent pas au mouvement. Le poste de Français Lague Etrangère (FLE) à Vinci … Neutralisé. Mis en BMP au bénéfice d’un dispositif piloté par la responsable du CASNAV. Le poste Histoire Géographie à Vinci (avec certification DNL Allemand), 18 heures, poste existant, plein et entier…. Neutralisé lui aussi. Lui aussi en BMP.
Des collègues qui auraient pu postuler sur ces postes, qui en auraient eu besoin, qui attendaient le mouvement : ils attendront encore. Car il a été décidé, quelque part, par quelqu’un, pour des raisons que personne n’a jugé utile de partager avec les représentants du personnel enseignant, que ces postes seraient soustraits au mouvement normal. Pas d’explication par l’administration mais « ils vont voir ce qu’ils peuvent faire ». On comprendra ce qu’on pourra.
LES HAPPY FEW ET LES BONS RÉSEAUX : DEUX POIDS, DEUX MESURES.
Cette instance a aussi levé un coin du voile sur quelque chose que la FSU dénonce depuis longtemps : certains collègues bénéficient de montages de leurs partage de service sur mesure parce qu’ils ont les faveurs de leur IPR. Le poste n’est pas profilé ? Qu’importe. Le service en déséquilibre d’autres collègues ? Détail.
On imagine le plateau de la balance. D’un côté, les règles. De l’autre, les relations. Le résultat ne surprendra personne.
LE DASEN S’ENGAGE À POSER DES QUESTIONS — ON RETIENT NOTRE SOUFFLE
Précision importante, et la FSU se doit d’être honnête : le DASEN, lui, n’a pas cautionné verbalement les arrangements révélés. Mieux : il s’est engagé à poser des questions sur certaines situations problématiques qui sont apparues au cours de l’instance. C’est déjà quelque chose. C’est même, dans le contexte de cette séance, presque remarquable.
Permettez-nous cependant une observation. Les déclarations liminaires des organisations syndicales, elles, n’ont pas reçu de réponse de sa part….
Dans ce département, la transparence se proclame en séance et se pratique en coulisses. Les postes se neutralisent sans s’expliquer, les services s’arrangent selon les réseaux, et les questions syndicales se perdent dans l’instance. La FSU attend le tableau des postes neutralisés, les réponses promises par le DASEN et tient le pari que le sujet est loin d’être clos !!!
Les représentants de la FSU en CSA
